La curation : un avenir pour la presse ?

Infobésité (n.f.) : pathologie chronique responsable de l’appauvrissement intellectuel du XXIe siècle. A en croire les récents projets lancés par les gros bonnets de la presse, les journalistes tirent la sonnette d’alarme.

L’infobésité, pathologie de l’homme connecté

Web 2.0, toute-puissance des internautes, Liberté d’expression…  L’essor du web a été accueilli comme le Messie sur terre. S’il y a bien un changement de paradigme dans certains domaines, son pouvoir démocratique, toutefois, est souvent exagéré.

Démocratique. Un terme qui, de prime abord, peut paraître trop fort pour les avancées qu’il caractérise. Loin de là en réalité. Le web, c’est tout ce dont nos ancêtres grecques avaient peur : le pouvoir par le bas. L’opinion publique n’a plus aucun relais, elle s’exprime directement, pèle-mêle. Le résultat ? Infobésité, buzz à répétition et avènement de la K-pop. Pour la faim dans le monde, on repassera. Au XXIe siècle, le dilemme de l’homme est de savoir quelle danse ou pratique insolite, fera bientôt le tour du monde.

Infographie sur le volume des données produites en une année dans le monde

Face à une masse d’informations à intérêts plus que variables, de nouvelles pratiques émergent. Des destins se révèlent. Des tendances apparaissent. Du simple agrégateur de LOLtoshop aux plateformes dédiées (scoop.it, paper.li, etc…), le besoin de trier et d’ordonner l’information se fait sentir.

 Quand la presse ajoute son grain

Cette tendance – la curation – fait couler de l’encre depuis un certain temps. Alors que le phénomène est déjà répandu chez les internautes, de nouveaux acteurs, mais anciens à la fois, commencent à proposer leur compétence de spécialistes de l’information.

Ces nouveaux-anciens, tout le monde les connaît. Un temps intimidés par l’arrivée du digital, ils reviennent aujourd’hui mieux armés sur ce vaste terrain d’expression où la loi du feuillet n’a plus cours. « Alors que les buzz sans intérêts se multiplient », Claude Posternak lance L’important, un pure-player dont le contenu est entièrement constitué de tweets, sélectionnés par la rédaction du journal. Sortes de gardes-fous, les journalistes sélectionnent et, donc, valorisent l’information importante.

D’ici Janvier 2014, l’AFP doit proposer des packages de comptes Twitter dans le domaine du sport puis sur d’autres thématiques, telles que la politique internationale et le divertissement.

La curation, ou le journalisme réconcilié

Banalisation de l’information, perte d’audience, liquidations… autant de problèmes qui pourraient, peut être, trouver une solution dans l’adoption de nouvelles pratiques.

Car finalement, qui mieux que le journaliste ? Spécialiste de l’information, le journaliste est sûrement le plus apte à remettre l’humain, au centre d’un système où algorithmes et infotainment occupent le devant de la scène. Outre l’aspect humaniste, la curation permettrait aussi aux journalistes de retrouver une forme d’autorité sur le web.

image : mphoenix